2006 – Garde-robe

Responsable de la diffusion au Moulin à Musique depuis 2015.
Publié le 7 novembre 2015 par

DSC_2015En 2006, le Moulin en collaboration avec Francis Colpron des Boréades ajoute une nouvelle pièce à son répertoire grandissant: Garde-robe.   Michel Bélair du Devoir partage son émerveillement pour Garde-robe.  La pièce, très populaire fut reprise plusieurs fois, dont à la Maison-Théâtre en mai 2015.

Une surprise constante

Michel Bélair, Le Devoir,

Édition du samedi 16 février et du dimanche 17 février 2008.

Garde-robe

Texte et mise en scène de Joël da Silva. Avec Marie-Hélène da Silva et Francis Colpron.

Direction musicale: Francis Colpron. Une création du Moulin à musique et des Boréades

 

« L’histoire n’est pas très compliquée: un matin, Pauline attrape le vent qui venait de se lancer dans un drap blanc séchant au soleil. Son coup fait, elle l’installe dans un immense garde-robe. C’est tout ou presque. Il n’y a en fait qu’à ajouter que Pauline suggère au vent de jouer avec les saisons en se servant des manteaux qui sont suspendus là. Voilà: maintenant vous savez tout. Mais bien sûr, ça ne suffit pas. Il n’y a jamais seulement l’histoire; il y a la manière de la raconter aussi, comme disait le grand Jacquot dans un tout autre registre. Et ici, dans Garde-robe, la manière de raconter est beaucoup plus stimulante, beaucoup plus séduisante que l’idée même du vent qui souffle dans un garde-robe au fil des quatre saisons…

En fait, Garde-robe est une surprise totale, une surprise constante, même. Très axée sur la musique — on aurait pu s’en douter avec les deux compagnies qui se sont unies pour la création –, cette fascinante production est une sorte de «théâtre expérimental pour les enfants», comme le disait un éducateur à la sortie du spectacle. Imaginez: les dix premières minutes du spectacle sont chantées! De l’opéra contemporain — atonal, du moins me semble-t-il — pour des enfants de trois ans! Quel culot! J’ai frémi… puis quand j’ai vu à quel point les tout-petits embarquaient, je me suis souvenu des grands spectacles de «théâtre pour bébés» que j’ai vus à Reims, solidement ancrés dans la musique de Berio, de Cage ou de Stockhausen… Surtout que bientôt, au fil des saisons qui passent, printemps, été, automne, hiver, le spectacle n’en finit pas de se lancer dans toutes sortes d’autres directions toujours inattendues, toujours surprenantes, inventives: marionnettes créées devant les enfants à partir des manteaux qui traînent là, instruments de musique bricolés main, goulots de bouteille dans lesquels on souffle, verre d’eau que l’on fait gémir… Et partout, en filigrane tout autant qu’en profondeur et en surface, toujours le vent, le souffle du vent, divers…

Tout cela est porté par Marie-Hélène da Silva — qui livre ici une performance étonnante — et Francis Colpron qui, c’est visible, prennent beaucoup de plaisir à sauter d’un cadre et d’un registre à l’autre. En plus d’être des musiciens chevronnés, ils se déplacent sur scène avec une aisance qui pourrait en faire rougir plusieurs. Tout au long, présent derrière le moindre mot et le moindre geste, Joël da Silva orchestre le spectacle de main de maître et l’on devine le plaisir intense qu’il a investi dans cette création. Une surprise sans cesse renouvelée. Une réussite totale.

En forçant à peine, on s’imagine facilement les 300 ti-culs qui remplissaient la salle hier s’amuser à chanter «Pauliiiiiiiine» une fois de retour à la maison. Peut-être devriez-vous fermer vos garde-robes pendant quelque temps si vous ne souhaitez pas voir une tornade s’y engouffrer… »

 

Équipe de création DSC_1956-GR Photo Claudine Larocque

Texte et mise en scène :  Joël da Silva

Direction artistique : Marie-Hélène da Silva

Direction musicale : Francis Colpron

Décor et costumes : Patrick Martel

Éclairages : Mathieu Ferdais

 

 

Interprètes :

Francis Colpron dans le rôle du vent, aux flûtes à bec, à l`harmonica de verre et aux percussions

Marie-Hélène da Silva dans les rôles de Pauline et de Paulette au violon, à la voix et à l’ocarina

Photos: Claudine Larocque

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